ARTISTE

lanuitnoire, Catherine Lejeune, CDEx, 2020

CATHERINE LEJEUNE

Dans le cadre de la Nuit blanche à Montréal, en mars 2020, des artistes de la maîtrise en arts visuels et médiatiques ont fait part de l’état actuel de leurs recherches créations. L’objectif de l’exposition fût d’offrir un espace de réflexion à propos des pratiques artistiques transversales. Par quels moyens leurs recherches-création appréhendent-elles notre côté sauvage et instinctif? Quel est la place de la mystique, de la magie et du rituel dans les pratiques en art contemporain? De quelles manières les oeuvres viennent-elles mettre en lumière la noirceur de la nuit? 

COMMISSAIRE: Ludmila Steckelberg 

BIOGRAPHIE

Je suis une artiste de la relève et une finissante au baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’UQÀM. Ma pratique transdisciplinaire et performative se manifeste à travers la photographie, la vidéo et les arts d’impression. Par ma production, je souhaite pouvoir transférer mes expériences personnelles en touchant ce qui est à la fois particulier et universel en chaque humain; la singularité quelconque. L’utilisation du micro-récit devient un outil politique puisqu’un récit, bien qu’initialement personnel, permettra de plonger dans la mythologie collective; il devient une captation fragmentée du social et du politique, mais surtout, il facilite la révélation des conformités et des écarts communs ou marginaux. Le thème principal que je privilégie est l’intimité dans ce qu’il y a de plus sensible, douloureux et doux, à travers les rituels et la magie du quotidien. De ce thème découle plusieurs sous-thèmes tels que la tension entre l’identité de l’intérieur et celle qui est reçue, la féminité et la maternité, puis le rapport entre l’espace et le corps, à l’espace intérieur et extérieur, aux particularités hétérotopiques du voyage et du rêve. L’attitude adoptée afin de traiter ces thèmes est d’abord poétique et sémiologique, mais elle devient rapidement politique. D’un point de vue militant, la démonstration de la sensibilité individuelle devient une arme pour conter la violence globale. Mon travail s’enracine au corps et à la nature, à la force maternelle de guérison et aux rituels et cérémonies intimes. Ce travail à long terme fût engendré par la théorie de l’attachement de Mary Ainsworth, puis s’est déployée par la lecture attentive de Foucault, Deleuze, Barthes, Starhawk, Agamben et Didi-Huberman pour en nommer quelques un-e-s. Sur un plan esthétique, je concentre mon attention aux détails dans la lumière, aux couleurs, aux gestes et aux symboles. Ma préoccupation actuelle est au niveau du rapport entre différentes images selon leur disposition dans l’espace; à la façon dont un récit se produit et se transforme à travers le dispositif installatif des images. Les rapports formels, sémiotiques et poétiques entre deux ou plusieurs images placées côte-à-côte sont actuellement au centre de mes questionnements et recherches artistiques. 

catherinelejeune.weebly.com